De la maladie que la médecine décrit à la maladie que des personnes vivent.
De regards croisés, de ceux d'aidants, aux gestes d'un prendre-soin, en renouvelés.
Tout commence avec ce détail, presque silencieux.
Quand le corps murmure quelque chose que personne ne semble alors encore capable d'appréhender.
Un projet: SIDE
SIDE retrace, à travers des regards, ceux de proche aidant, le vécu : un vécu SLA. Retracé en 4 actes — expériences vécues, réflexions croisées — des premiers signes au locked-in. Il confronte le vivant à 60 références internationales, et rend visibles des chemins d'amélioration.
Humble contribution personnelle, en soutien à toutes celles et ceux qui gardent l'espoir ou cherchent.
Afin que d'autres façons de prendre soin et de vivre avec la maladie émergent.
Au-delà de souffrances, de douleurs.
À l'ère du numérique, des technologies.
Et de Présence humaine irremplaçable.
Fleury Reynald, Proche Aidant — MPH, MBA, MSc — Février 2026
60 références internationales · Anthropologie · Phénoménologie · Humanités médicales
« La légère boiterie survenue le 29 septembre 2008 en accompagnant ma fille à l'école allait devenir le début du cauchemar. S'ensuivirent neuf mois d'errance thérapeutique. »
— Portail SLA
« « Je ne veux pas mourir » — sa première réaction. Il rentre à la maison avec des rendez-vous tous les 3 mois. »
— CNSPFV 2021
C'est ici que le regard change. Si l'annonce est une effraction, alors l'accompagnement doit être une reconstruction. Protocole d'annonce structuré, oui. Soutien psychologique immédiat, oui. Mais surtout : aider la personne à recoudre un récit de vie — ce que [51] Brown (2008) appelle le biographical repair. Quelqu'un qui écoute. Quelqu'un qui a traversé la même chose. Quelqu'un qui montre qu'il y a encore un « après ».
« C'est ridicule. »
— Octobre
Le corps qui se dérobe
« Mon corps est une prison, seuls mon cerveau et ses capacités intellectuelles restent intacts. »
— Leah Stavenhagen, La Revue du Praticien, 2025
« Quand on perd la parole, on perd le pouvoir de raconter sa propre histoire. »
— CENOMY 2024
« On me dit que ma maladie ne fait pas mal. Mon corps dit le contraire. »
— Sorbonne Université, 2025
Domotique précoce : automatisation lumières, volets, portes, température
Banque de voix personnalisée — enregistrer la voix DÈS le diagnostic
Dignity therapy : intervention structurée ciblant continuité du soi, legs, générativité
Écoute structurée du vécu douloureux — approche illness vs disease
C'est ici que la technologie cesse d'être un gadget et devient un acte de résistance. Enregistrer la voix du patient dès le diagnostic — avant qu'elle ne disparaisse — pour qu'il puisse un jour parler avec ses propres mots depuis un écran. Automatiser l'ouverture d'un volet, l'allumage d'une lumière, le déverrouillage d'une porte — chaque geste reconquis sur la maladie est une parcelle de dignité préservée. Et unifier la communication et le contrôle de l'environnement dans une même interface oculaire : le regard qui ne peut plus rien faire d'autre devient le regard qui fait tout.
Vivre avec l'incurable
« Personne ne peut décider à votre place si vous voulez vivre branché à une machine. »
— Foley, 2014 (Trinity College Dublin)
« Je ne parle même pas de mes propres besoins, qui passaient souvent à la trappe. »
— Axelle Huber, aidante
Télémédecine et télésuivi IoT réduisant les déplacements vers centres experts
Directives anticipées accompagnées — processus continu, pas document unique
Visioconférence accessible : commande oculaire/vocale des dispositifs numériques
Automatisation surveillance nocturne : capteurs chute, monitoring respiratoire → répit aidant
C'est ici que le fil rouge fait toute la différence. Un coordinateur de parcours dédié — un être humain, pas une application — qui connaît le patient, suit l'évolution, anticipe les étapes. La télémédecine et le télésuivi IoT pour ne plus imposer des déplacements épuisants vers le centre expert. Des directives anticipées accompagnées, non pas comme un document signé une fois, mais comme un dialogue continu qui évolue avec la personne. Et la nuit, un capteur de chute, un monitoring respiratoire automatisé — pour que l'aidant puisse, enfin, dormir.
La fin de vie et l'ultime dépossession
« Toute la souffrance en lien avec les représentations de la mort par asphyxie ou fausse route. »
— Espace éthique Île-de-France
« Quel dénuement pour un patient lorsque son seul moyen de communiquer est le regard et le mouvement des paupières ! Comment ne pas devenir un 'objet de soins' ? »
— Base SantéPsy
Monitoring SpO2/CO2 connecté avec alertes — réduire l'angoisse de la décompensation brutale
BCI et interfaces neuronales directes — recherche de rupture
C'est ici que la technologie atteint sa limite — et sa raison d'être. L'interface cerveau-machine (BCI) et la domotique oculaire peuvent maintenir un fil de communication quand tout le reste a disparu. Le monitoring respiratoire connecté peut réduire l'angoisse de la décompensation brutale en nommant ce qui approche plutôt qu'en le laissant dans l'ombre. Mais au-delà de tout dispositif, il reste ce qu'aucune innovation ne peut remplacer : une main posée sur un bras immobile. Un regard qui dit je suis là. Une voix qui continue à parler à celui qui ne peut plus répondre.
Ce que révèle l'épreuve
En tant que fils d'un père vivant avec la SLA (diagnostic depuis août 2024), et fort d'une formation en santé publique (MPH), management (MBA) et ingénierie (MSc), j'ai ressenti le besoin de comprendre — vraiment comprendre — ce que traverse mon père, et ce que traversent les quelque 8 000 personnes touchées par la SLA en France.
L'objectif : créer une ressource vivante, évolutive, collaborative. Un pont entre les sciences, la recherche et l'expérience humaine.
Ce que la recherche internationale nous apprend
Maintenir une maîtrise sur sa vie malgré la perte de contrôle sur son corps. Les patients ne sont pas passifs — ils exercent un contrôle actif et adaptatif (Foley 2014).
Face à l'inévitable : relations profondes, transmission, créativité, spiritualité. Ozanne (2013, Suède) : oscillation entre terreur et sens.
Les décisions de soins mobilisent des dimensions bien au-delà du médical : identité, rôles familiaux, valeurs, peur, espoir.
Kleinman, 1988
La maladie vécue (illness) vs la maladie objectivée (disease). La SLA est « indolore » pour la médecine, douloureuse pour le patient.
Locock et al., 2009 (UK)
Au-delà de la rupture biographique (Bury 1982) : dans la SLA, le diagnostic = annihilation du récit de vie. Mais aussi tentatives de biographical repair.
Chochinov, 2002 (Canada)
Trois domaines de la dignité : préoccupations maladie, répertoire de conservation (continuité du soi, legs, générativité), inventaire social.
Sakellariou, 2013 (Cardiff)
Les patients développent un savoir propre pour négocier avec la maladie — trop souvent ignoré par les soins standardisés.
Foley et al., 2014 (Irlande)
L'âge, la parentalité, le stade de vie façonnent les décisions de soins. Contrôle actif et adaptatif face à la perte.
Ozanne et al., 2013 (Suède)
Oscillation entre angoisse de mort et recherche de sens. Vecteurs : relations sincères, donner/recevoir de l'aide, acceptation.
12 points d'expérience en un regard
●●● = Critique (atteinte à la dignité) | ●● = Élevé (souffrance significative)
De témoin à acteur : cinq principes pour une autre approche
Chaque outil — CAA, domotique, soutien psychologique — doit être introduit AVANT que le besoin ne devienne critique. La banque de voix se fait quand la voix existe encore. L'adaptation du domicile se fait quand le patient peut encore participer aux choix.
Un fil rouge humain et organisationnel qui traverse les phases. La rupture neurologie → rééducation → palliatif est un facteur de pénibilité en soi. Le coordinateur de parcours dédié est l'innovation organisationnelle la plus urgente.
Maintenir la capacité de décision jusqu'au dernier moment. Cela exige deux conditions : des outils de communication fiables ET une écoute structurée de la volonté — y compris quand celle-ci évolue.
Le patient ne vit pas seul sa maladie. L'aidant, la famille, les soignants forment un écosystème vulnérable. La souffrance de l'un retentit sur tous les autres. Le soin de l'aidant est un soin du patient.
Prendre au sérieux la parole du patient — y compris sur la douleur, la honte, le désir de mourir. L'approche illness ne remplace pas l'approche disease. Elle la complète. Et sans elle, le soin est incomplet.
Technologies d'assistance et innovation centrée sur la personne
Interface unifiée CAA + domotique. Commande oculaire. BCI. Banque de voix personnalisée — à enregistrer DÈS le diagnostic, quand la voix est encore là.
Automatisation lumières, volets, portes, température. Chaque geste reconquis est une victoire. Chaque choix préservé est une parcelle de dignité.
Plateformes IoT intégrant données respiratoires, nutritionnelles, motrices. Télémédecine réduisant les déplacements épuisants.
Visioconférence accessible. Commande oculaire/vocale. Communautés en ligne. Domotique sociale (interphone, porte, vidéo).
Capteurs de chute. Monitoring respiratoire nocturne. Automatisation de la surveillance. Le répit n'est pas un luxe — c'est une condition de survie du couple aidant-aidé.
Monitoring SpO2/CO2 connecté avec alertes précoces. Réduire l'angoisse de la décompensation brutale — nommer la peur pour la contenir.
Tout a commencé par des détails silencieux. Un lacet. Un stylo. Une syllabe. Vous les avez traversés avec nous. Ce que vous savez maintenant, c'est ce que vivent la personne atteinte de SLA et ceux qui l'accompagnent — jour après jour, décision après décision, silence après silence. Ce savoir est déjà un soin. Et de ce savoir peut naître le geste qui ne restaure pas la santé perdue, mais préserve ce qui n'a jamais cessé d'être là : la dignité d'être encore une personne.
74 références internationales
Anthropologie, phénoménologie, psychologie clinique, sociologie médicale
Les URL citées étaient accessibles en février 2026. Cette analyse synthétise des sources académiques internationales (France, Royaume-Uni, Irlande, Suède, Canada, Australie, États-Unis, Pays-Bas), des rapports institutionnels et des témoignages publiés.
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